Abeille et terroir à la fête

Label Genève Région – Terre Avenir: mention «Bien» mais peut mieux faire
16 mai 2016
La mention «huile végétale» cachait bien de l’huile de palme
11 octobre 2016
getfile

Patricia Bidaux détaille les différentes farines sortant du trieur

La Fête de l’abeille et du terroir a été organisée pour la deuxième fois par laVille de Lancy avec pour objectif de promouvoir le développement durable.

 

Le but est de sensibiliser la population de manière pédagogique et de mettre en lumière ce qui se fait à côté de chez nous», explique Marie Cattin, assistante en développement durable et organisatrice de la Fête de l’abeille et du terroir de Lancy (GE). Cette deuxième édition, qui a eu lieu samedi 24 septembre, a regroupé une quinzaine de stands de produits du terroir: légumes, fruits, miels, vins et bières locales, ainsi que des stands d’artisanat et de recyclage. Ce ne sont pas des stands comme on en voit habituelle-ment sur les marchés! Ici le but n’est pas uniquement de vendre, mais d’expliquer, de démontrer et de faire déguster les produits du terroir.
Ce premier week end d’automne, le temps est magnifique et de nombreuses familles déambulent entre les stands avec des petites poubelles à compost en guise de cabas! Cadeau qu’elles ont reçu pour les inciter à mettre moins de déchets de ménage dans les poubelles. Cette campagne de promotion du tri sé-
lectif des déchets a été lancée par la Direction générale de l’environnement en collaboration avec les communes genevoises.
Les promeneurs peuvent s’initier au lombricompostage grâce aux conseils de spécialistes. Si les enfants sont très intéressés par le travail des vers de terre, les parents semblent plus sceptiques! Malgré les propos rassurants du vendeur, ils sont un peu effrayés par le risque d’odeur et les mouches que pourrait attirer le module de compostage d’appartement…

Les abeilles, chouchous du public

Le miel est à l’honneur, bien sûr! Pas moins de trois stands d’apiculteurs permettent aux gourmands de déguster les miels de différentes saveurs. Natacha et son mari Pascal partagent ce hobby et possèdent trois ruchers, composés d’une vingtaines de ruches et autant de ruchettes pour l’élevage de reines. Le couple a amené une ruche, sans les abeilles, afin d’en expliquer le fonctionnement. Le public, sensibilisé
par les films et les articles de presse sur les abeilles, est très intéressé par la vie de ces insectes si utiles pour la fécondation des plantes.
En 2016, la récolte de miel a été faible car le printemps très médiocre a provoqué de nombreux essai-mages. Avec ce temps froid et humide, les abeilles sont restées à l’intérieur des ruches, les reines con-tinuant à pondre. A la première belle journée, les vieilles reines, qui se trouvaient trop à l’étroit avec toutes ces ouvrières, se sont envolées avec la moitié de la colonie. «Il faut bien observer les ruches, explique Natacha, lorsque l’on voit des cellules de reines qui se forment on les détruit pour limiter les risques, mais il n’est pas facile d’empêcher l’essaimage!»

Du blé au pain

L’Union des paysannes et femmes rurales genevoises tient un stand pour faire découvrir la fabrication du pain et où l’on peut déguster de délicieuses tartines aux confitures. Les enfants mettent la main à la pâte en façonnant leur propre pain, qu’ils emportent après cuisson. Montrant du blé à l’état brut (comme il sort de la moissonneuse-batteuse), Patricia le verse dans dans un moulin à pierre d’où ressort une fari-ne complète qu’elle passe ensuite dans le trieur. La farine est séparée en trois catégories: farine blanche,
semoule et son.
Un petit groupe écoute avec intérêt, posant de nombreuses questions, notamment sur le gluten. Patricia explique la différence entre le pain de l’industrie boulangère, qui lève très vite grâce à des blés très riches en gluten, et certains pains artisanaux, préparés avec des farines anciennes. «Un temps de levage plus long permet une prédigestion des chaînes de gluten, ce qui rend le pain plus digeste, quelle que soit la farine utilisée», indique la paysanne.

Un stand qui met l’eau à la bouche

Des pots de toutes les couleurs, confitures, miel de framboise, fruits du verger et légumes, voilà le stand très appétissant d’Eric Grosjean! Agriculteur depuis deux ans, le jeune homme a quitté son poste de fonctionnaire au Service des parcs et jardins du Grand Saconnex pour reprendre une parcelle de terrain familial au pied du Salève. Très dynamique et plein d’idées, il a diversifié les cultures et transformé les produits cultivés afin d’éviter des pertes et du gaspillage. Un hectare seulement, mais utilisé au mieux!
Les framboises et autres petits fruits sont plantés entre les arbres hautes tiges du verger, composé de pêches de vigne, pruneaux et mirabelles. Plus loin, un carré de légumes permet d’offrir, pendant la belle
saison, un panier de la ferme bien diversifié. Toute la famille participe à cette nouvelle aventure: «Le jardin, ça réunit la famille!», confie la sœur d’Eric qui l’aide sur le stand avec sa marraine. Actuellement,
le jeune homme habite dans le canton de Vaud. Il aimerait bien trouver une ferme à reprendre à Genève à un prix raisonnable, mais il n’y en a pas.
Pour les sportifs, il y a un stand d’huile «pressée aux mollets» où le chaland pédale sur un vélo fixe per-mettant le pressurage des graines de tournesol et repart avec sa petite bouteille d’huile!
Près du potager de la commune, des enfants choisissent des petites branches, des pives, brindilles et morceaux de bois troués afin de construire un hôtel à insectes grand format. Ils ont également à dispo-sition de petites maisonnettes qu’ils peuvent aménager et emporter chez eux afin d’attirer les insectes.

Un potager pour faire réfléchir

Le potager participatif de 300 m2 est récent, ses légumes fournissent l’épicerie solidaire de la commune. Les enfants des écoles primaires viennent à tour de rôle semer, planter et arroser. Des chasses aux lé- gumes sont organisées: armés de photos, les élèves doivent retrouver les légumes correspondants! «Ce potager a pour but de permettre une réflexion sur notre mode de consommation», informe Damien Bonfanti, conseiller administratif de Lancy.

C. BOCQUET-THONNEY