Plus de 10000 paysans font entendre leur courroux devant le Palais fédéral

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Le 27 novembre 2015 restera dans les annales des luttes paysannes. Les agriculteurs suisses ont déferlé en masse dans la capitale, dans une ambiance bon enfant et sans débordement.

Parking pour les cars venus en nombre

Parking pour les cars venus en nombre

Vendredi 27 novembre 2015, 8 h 15 à Marly (FR), le chauffeur d’un des bus affrétés par l’Union des paysans fribourgeois (UPF) commence à se demander s’il attend au bon endroit: aucun passager n’est là. Le voilà rassuré: les premiers agriculteurs de la région arrivent peu après. A 8 h 30, l’heure prévue, le bus démarre, plein comme un œuf.
La détermination se lit autant que le désarroi sur les visages. Quelques paysans sont venus avec des cloches qu’ils tiennent silencieuses. Le tintamarre, ce sera pour plus tard. Durant le trajet, les discussions, calmes et posées, vont bon train. On parle surtout d’élevage, mais aussi un peu de politique agricole.
Après cinquante minutes de route, les manifestants débarquent près de la Fosse aux ours. Suivant les instructions de l’Union suisse des paysans (USP), ils cherchent le drapeau fribourgeois, point de ralliement des quelque 700 manifestants du canton. Patiemment, ils attendent. Le défilé commencera exactement à l’heure prévue, soit à 10 h 15.

«La coupe est pleine»

Les cars et les gens affluent de tous côtés: les agriculteurs sont plus de 10000 à avoir fait le déplacement de toute la Suisse! Le cortège traverse la vieille ville jusqu’au Palais fédéral. Le son des cloches accompagne cette poya sans vaches. Arrivés au but, les manifestants sont priés de se serrer: la place Fédérale est trop petite pour contenir leur dépit. Vient alors le temps des discours. A la tribune installée sur le pont d’un poids lourd se succèdent les orateurs. «La coupe est pleine!», lance Jacques Bourgeois, directeur de l’USP.
Parmi les intervenants, Flavia Frankhauser et son frère Marco, de jeunes agriculteurs venus de Schüpbach, dans l’Emmental. Les jeunes Bernois n’acceptent pas que les sommes promises soient revues à la baisse. «Nous voulons aussi être moins dépendants des paiements directs. Il nous faut pour cela générer un revenu suffisant pour nourrir une famille, payer nos factures et pour continuer à investir sur notre exploitation.» Et les jeunes producteurs de lait de conclure: «Celui qui se bat peut perdre, mais qui ne se bat pas a déjà perdu!».

Un boucan d’enfer

 Manifestation_paysan_nov.-011Après les discours, Markus Ritter, président de l’USP, a transmis les revendications des agriculteurs à Claude Hêche, président du Conseil des Etats. Markus Ritter a ensuite invité les manifestants à sonner les cloches au Conseil fédéral durant deux longues minutes. Les sonnailles, toupins et autres clochettes ont résonné pour tenter de faire entendre raison au Gouvernement. Le silence revenu, la manifestation prend fin.
Les cloches se sont tues et la tranquilité règne à nouveau au Palais fédéral où la session d’hiver du Parlement a débuté cette semaine.

Le budget examiné par les Chambres

Les paysans ont-ils manifesté en vain? Le Conseil des Etats a en effet adopté le budget 2016 présenté par le Conseil fédéral sans prendre en compte les revendications des agriculteurs. Les sénateurs ont refusé d’augmenter le crédit de la Loi chocolatière de 26,7 millions de francs et ont accepté la réduction de 72 millions de francs de l’enveloppe allouée à l’agriculture et l’alimentation pour 2016. Du côté du National, les débats ont débuté hier jeudi et reprendront lundi prochain. Le volet agricole sera alors discuté en plenum. Si elle suit les recommandations de sa Commission des finances, la Chambre basse pourrait corriger ce budget en faveur de l’agriculture. Le cas échéant, le dossier retournera aux Etats.